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ASSORV

Lettres d'enfants

Certain printemps

Poeme de Nguyen Quang Hieu

Il y a un certain printemps
Se penchant sur le mur ancien ;
Les rayons de soleil suivent
Gaiement les pas de l'écolière.

Il y a un printemps affectueux
Sur le lopin de terre où s'est penché le père
Sur la couleur verte de jeunes plants de riz donnés par les mains de la mère
Où la pousse de vie entraine les germes vivants.

Il y a un printemps heureux
Dans les yeux innocents des petits
Dansant dans la liesse des fêtes
Tout fiers avec leurs nouveaux habits.

Il y a un printemps joyeux
Dans les souhaits secrets
Dans les pages blanches du cahier
Merci, oh merci printemps !

Poème de Nguyen Quang Hieu

Nguyen Quang Hieu a 16 ans et demi. Il vit à Hoa Mai Da Nang et est le filleul de Tu Thanh.

Ma filleule m'a raconté

Orphelinat Hoa Mai à Vi Thanh

Orphelinat Hoa Mai à Vi Thanh

J'ai ouvert la porte, écarquillé les yeux et laissé passer un grand cri de joie : "A Mê Li" . Elle était là, devant nous, avec une amie, on apprendra qu'elle s'appelait Ra - Sen. Elles riaient de tout leur visage, de tout leur corps, et leurs bras laissaient tomber les gros sacs, pour nous embrasser. Je roulais vers Amêli, j'entourais de mes bras sa taille, et l'emmenais à l'intérieur. Les filles faisaient claquer leurs sabots en courant vers ces deux visiteuses qui ne se sont pas annoncées. Les garçons sont arrivés après, se contentant de frapper les mains en joignant leur rire. Amêli est notre sœur française. C'est la quatrième fois qu'elle venait nous voir à Hoa Mai, en restant une ou deux semaines, sans compter la fois où elle partait en vacances avec nous tous, tous c'est-à-dire les enfants des trois Hoa Mai. Elle n'était pas seule, mais accompagnée de ses deux amies, elle était celle qui faisait le plus d'effort pour parler vietnamien. Et nous, cela nous plaisait, surtout pour la taquiner un peu, en ajoutant ou en déviant un accent à une phrase ou un mot. En tout cas, le jour où on parlerait français comme elle parle notre langue et son patois, on serait en France chez elle.

Amêli et Ra Sen nous disaient qu'elle ne pouvaient rester longtemps comme les dernières fois, mais que 48 heures à Vi Thanh c'était déjà bien. A cause d'un petit malentendu dans les demandes de séjour, elles passaient les journées à Hoa Mai et repartaient en fin de journée dans l'hôtel voisin. Quelles journées ! Moi, j'ai surtout été fière pour les peintures sur le mur du réfectoire. Le groupe Assorv était passé au printemps, avait repeint les murs, réparé plein de choses, et tous les enfants y avaient travaillé. Anh Sang a dessiné des lotus et le dos des filles en tunique, c'était sa copine secrète. Anh Ut Giau a fait un autre dessin qui a été félicité. Les filles ont pris également leurs pinceaux, et sont barbouillées de partout. Nous aussi, on aidait tant qu'on pouvait. La maison était belle et propre.

On leur a raconté tant d'histoires, chacune cherchant à raconter le plus d'histoires, même avant et pendant les heures d'étude dans la soirée avec cô Vân Anh. Elle acceptait de bonne grâce, pour une fois, comprenant bien qu'Amêli et Ra Sen étaient nos sœurs de cœur, nos espoirs, nos ambassadrices pour nos parrains lointains. De retour en France, elles auraient l'occasion de leur dire combien on était fiers d'être un peu liés à une famille généreuse. Il ne faut pas qu'elles oublient de dire aussi que les enfants adoraient recevoir les lettres de leurs parrains. Puis nos sœurs françaises ont repris la route. J'avais les yeux qui piquaient, elles nous rassuraient qu'elles connaissaient le chemin de Hoa Mai et qu'elles ne l'oublieraient pas. A bientôt.

Giau

...Et l'écho du côté des Montagnes de Marbre


Jeux d'enfants - ASSORV

Jeux d'enfants

Chère Giau,

Les sœurs françaises sont bien arrivées chez nous après vous avoir vus. Fatiguées peut être par la route, mais tout aussi surprises de nous voir si nombreux. Ba Tây a vite retrouvé son filleul Nam qui lui saute dans les bras immédiatement, et Amêli appelle par leur nom tous les anciens. Son vietnamien est meilleur mais parfois elle se fait répéter, elle dit que c'est à cause de notre accent du Centre. Mais c'est peut être ses oreilles qui ont mal supporté nos cris de joie.

Ba Tây et Amêli nous regardent aller à l'école avec des yeux inquiets à cause de l'inondation ces derniers jours. L'orphelinat n'a pas encore les pieds dans l'eau, comme les images qu'on voit tout le temps à la télé. On aimerait bien que l'eau monte pour rester à la maison, mais on doit y aller quand même.

La Fête de la Lune cette année a été bien préparée, et nous avons reçu nos cadeaux apportés par des visiteurs, assez généreux cette fois. Trông et Lanh ont confectionné un autel dans la cour pour les âmes errantes, ils y ont mis plein de bonbons à la place des cornets en feuilles remplies de soupe que l'on donne habituellement. C'est pour les petites âmes errantes peut être.

Ba Tây et Amêli ont beaucoup joué avec nous, filles et garçons. Il faut dire que la bataille des chambres de filles et de garçons a pris fin depuis quelques temps avec le nouveau directeur. Et les anciens qui ont appris la venue de nos sœurs françaises sont tous rentrés pour leur dire bonjour. Amêli a été impressionnée de voir Bao Khoa, notre ancien acteur dramatique, qui est sorti de Hoa Mai depuis plus d'un an, devenu manager d'une boutique de portables. BK Mobiles, s'il vous plait. Thanh est devenu un grand gars solide, Nam s'est étoffé de quelques kilos et a pris de l'assurance, Phuong a un gros ventre et va avoir un bébé bientôt. Linh arrive sur ses hauts talons, et se voit déjà animatrice de télé, Dung l'ex garçonne exhibe ses ongles peints. Seuls Huu et Phuong ne sont pas là car occupés dans la boulangerie.....

Elles ont dit que nous avons tous grandi depuis l'année dernière. Les petits nouveaux s'approchent timidement, pour signaler qu'ils sont là et qu'ils attendent un signe d'elles.

On a raconté aussi nos vacances, dans la montagne Ba Na à deux heures de voiture, on a été en téléphérique. Rien qu'en racontant, on revoit les cimes des arbres à nos pieds et on ressent encore le vertige. On leur a chanté des chansons apprises ce soir-là au feu de camp, avec les grands de la Jeunesse de la ville. Elles ont raconté que le téléphérique en France est dans les montagnes toutes blanches de neige. La neige, on ne pourra jamais la connaître car il pleut trop ici.

Amêli et Ba Tây ont vu aussi nos cochons, nos poules, et surtout nos chiens. A la différence des copains, les chiens sont les chouchous de tout le monde ici.

Nous leur avons dit au revoir quelques jours avant la grosse tempête qui a déchiré le plafond du hall d'entrée, enlevé le toit de tous les batiments arrière, à savoir le dortoir 2 des filles, les sanitaires, la porcherie, et surtout le nouvel espace rangement cuisine tout neuf, une partie de l'école de formation et le dispensaire. Nous cherchons à recouvrir ce qui reste en bas dans les chambres, et les filles se sont regroupées dans les chambres qui ont été épargnées.

Le directeur et les maitresses ont l'air soucieux de réparer au plus vite pour éviter la moisissure. Nous on a eu quelques bains de pluie trop amusants.

J'espère que là bas vous finissez bien l'année, et nos Hoa Mai pourront partir encore une fois tous ensemble.

Hanh