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Lettres de l'ASSORV

Samedi 2 Mars 2013

Cela fait déjà 10 jours que je suis parmi les orphelins de Hoa Mai Da Nang. Il est 12h45, le soleil est à son comble. Les derniers enfants à avoir mangé finissent la vaisselle alors que les plus grands retournent à l'école, et que les plus jeunes font la sieste ou lisent des BDs au frais.

Lectures et jeux - ASSORV

Lectures et jeux

C'est avec un grand pincement au cœur que je pense que je m'en vais demain et ne serai de retour que dans quelques semaines. Pendant le déjeuner, une des éducatrices m'a confié que pendant qu'ils aidaient à préparer le déjeuner, certains enfants lui ont dit qu'ils étaient tristes que je parte déjà demain.

Ces derniers jours ont été riches en émotions et en rencontres. Co Xuan, la directrice de l'orphelinat est un monument à elle toute seule. Que dire de cette femme passionnée, enthousiaste et qui aime profondément ces enfants? Il n'y a qu'à la voir entourée de ses 50 enfants, à leur dire de manière très ferme le programme de la semaine, ce qu'il faut qu'ils travaillent, leur couper les ongles, les gronder, leur sourire... Les enfants ont un profond respect pour elle, ils la craignent et l'aiment en même temps.

Eux sont incroyablement sages, studieux, disciplinés, vifs, drôles, farceurs, rieurs. Ils aident au quotidien de l'orphelinat, s'aiment beaucoup entre eux, et surtout, partagent tout, absolument tout. Des bonbons qu'ils ont quelquefois, jusqu'au rôle du chat à chat perché lorsque l'un d'entre eux est fatigué! On sent le très fort lien qu'ils ont créé entre eux à leur manière de faire attention les uns aux autres, de se tenir par la main lorsqu'ils marchent dans la rue, de ne jamais se perdre de vue.

Je pensais avoir rencontré déjà beaucoup de types de gens différents, mais ces enfants sortent du lot et forcent l'admiration. En les voyant au quotidien rire, jouer, étudier, se charrier, on ne pourrait jamais se douter de leur histoire et des raisons qui les amènent ici.

My-Linh


Mercredi 27 Février 2013

Elle s'appelle Thuy et est une jeune adolescente mince, à la voix qui porte, et à la forte personnalité. Depuis le premier jour, son aplomb, son sourire très assuré, presque provocateur sort du lot. Dès le premier soir, elle me dit: "je profite que tu sois là, je ne te lâche pas, tu vas m'apprendre tout ce que tu sais de français le temps que tu restes ici avec nous". Et elle ne plaisante pas! Dès le lendemain, elle me dit, "je finis mes devoirs, et à 19h30, on commence mon cours de français".

Enfants qui travaillent - ASSORV

En plein travail

19h30 tapante, on s'installe et elle ouvre son cahier de français déjà bien rempli. Elle commence à me montrer des pages entières de vocabulaire qu'elle connaît par coeur, et qu'elle prononce étonnement bien. Alors que je lui apprends de nouveaux mots et des tournures de phrases, comme à leur habitude, d'autres enfants viennent s'installer avec nous et répètent tout ce que je dis. La concentration de Thuy et son avidité d'apprendre m'étonnent rééllement, notamment lorsqu'elle essaie de se débarrasser des autres ou de les faire taire alors que d'habitude ils partagent absolument tout, s'attendent les uns les autres, s'expliquent les leçons.

Le lendemain, en discutant avec une des encadrantes de Hoa Mai, je comprends qu'il y a déjà quelques années de cela, son petit cousin était avec elle dans l'orphelinat. Ils étaient très proches jusqu'au jour où celui-ci a été adopté et ramené en France. Il est parti très jeune du Vietnam et aura probablement bientôt oublié leur langue commune.

Ce soir-là, on continue les cours comme si de rien n'était, comme si je ne savais pas. Jusqu'à ce que la directrice, ravie de nous voir pratiquer, nous interrompt et me raconte l'histoire de Thuy et l'importance pour elle de pouvoir écrire des lettres en français. Bien sûr, celle-ci affiche un grand sourire pour cacher son trouble et sa gêne, une fois que la directrice s'éloigne. Une seconde passe ainsi, et puis on entend des rires d'autres enfants qui regardent leur série préférée, et le cours continue.

J'ai été très touchée de percevoir l'espace d'un instant sa sensibilité, qu'elle a enfoui sous un épais masque d'assurance, d'aplomb, et cet incroyable sourire qui la mèneront très loin.

My-Linh


Messagères de Paris

Le point de chute c'est Can Tho dans le petit hôtel Xuân Mai. Les propriétaires me connaissent et savent que je viens passer quelques jours avec les enfants de Hoa Mai et de Thiên ân. Anne-Marie et son fils Hông Son (4 ans et demi) m'ont accompagnée cette année.

Nous avons donc chargé le sac à dos de petits cadeaux, pas facile d'essayer d'en avoir un pour chaque enfant ...Et c'est parti sur la moto rouge, à la Viêt, à trois dessus et parfois quatre quand Huy mon filleul est avec nous. Quelle aventure ! L'orphelinat est à dix-huit kilomètres sur une route truffée d' ornières, de ponts en travaux, parfois sous la pluie (elle ne se contente pas de crachiner !), de camions et de motos dans tous les sens...

Jeux de balles - ASSORV

Tous en ronde !

Cette année à Hoa Mai, ils sont nombreux ! Beaucoup de petits qui n'ont pas encore de parrains et de marraines. Ils sont très fiers de nous accueillir avec des "bonjour comment ça va" ces petits mots de français qu'ils ont déjà appris. Tous pétillants de curiosité, beaucoup sont nouveaux et des "longs nez" ils n'en ont pas encore vu passer beaucoup ! La rencontre se fait comme toujours dans la joie. Nous participons à leurs jeux de balles. On tente aussi le ballon prisonnier. Et même si on ne parle pas la même langue, on arrive quand même à se faire comprendre pour expliquer les règles et s'amuser ensemble. Anne-Marie a apporté ses partitions et les fait chanter en s'accompagnant du clavier qui se trouve dans la salle de jeux et de lecture. Ils sont ravis.

On prend des photos, tellement que nos cartes mémoires éclatent. Les enfants adorent poser en variant les attitudes, avec leurs meilleurs copains ou avec leur petit protégé pour les plus grandes filles qui sont déjà dans leur rôle de protectrices, c'est ainsi que leur vie s'organise, les grands s'occupent des plus petits et parfois les prennent sous leurs ailes.

Il y a aussi la balade le long des rizières, espace à l'arrière avec des bananiers, des gros pamplemousses mûrs tombés sur le chemin et autres papayes... Ils sont heureux de nous faire partager leur univers. Je fais l'expérience très drôle du cahier de français avec une des grandes. J'en profite pour rajouter des mots sur mon carnet de vietnamien. La surprise c'est que je dois d'abord décrypter du "fran-viêt" - français écrit en phonétique vietnamienne ! - avant de réécrire intégralement la phrase en français.

Et puis il y a eu la visite de l'orphelinat à Vi Thanh. Ce serait compliqué sans traductrice. Le Ciel nous envoie Anh Dao, amie de Nhan, pour nous accompagner. Elles parlent français et ont déjà travaillé dans les dernières missions de l'Assorv. Vi Thanh est à environ soixante kilomètres de Can Tho, nous avons pris deux bus avec un changement à mi-chemin, une véritable aventure après celle de la moto.

Les enfants et les directrices prévenus de notre arrivée nous attendaient et ici aussi beaucoup de petits nouveaux. Nous avons organisé la distribution du courrier des marraines et des parrains avec prise de la photo témoin, mis à jour les fichiers pour les nouveaux et pris des portraits de chacun pour que Bich Dao et Bich Hai puissent établir des listes. Et hop tout ce petit monde devant leur table et... réponse aux lettres et cadeaux reçus pour que chacun d'entre vous puisse recevoir des nouvelles du petit protégé.

Un des éducateurs a fait chanter les enfants en groupe et en soliste et Nhàn y est allée de sa petite chanson ! "Sur le pont d'Avignon", nostalgie de ses cours de français à l'école (elle était la première de la classe en français... Et elle en est très fière !).

Voilà chers marraines, parrains et futurs conquis, un petit aperçu d'une visite à vos filleuls qui sont toujours très heureux quand arrivent des messagers qui leur apportent des nouvelles et le témoignage que le lien est bien solide.

Myriam